La fessée expliquée à ma fille.

pas-de-fessee

L’autre jour, j’ai emmené ma fille à la piscine. Un gamin, fortement désagréable s’amusait à arroser tout le monde. Au bout de plusieurs remontrances, voilà le père qui se lève et va mettre une fessée à son gamin. Scène courante de violence éducative ordinaire.

Suite à cette scène, ma fille du haut de ses deux ans et trois mois, m’a demandé très clairement : maman pour le monsieur, il tape le garçon ? Je ne savais pas quoi lui répondre, quoi dire pour qu’elle comprenne, à sa hauteur, les violences infligées aux enfants, pour leur bien, parait-il.

J’ai été interpellée. Perturbée. Moi-même, je lutte quotidiennement contre ces gestes, ces paroles et ces comportements des adultes vis-à-vis des enfants. Comment, en France, dans un pays où l’on ne peut pas frapper un adulte, où l’on ne peut pas frapper un chien, tolère-t-on encore des gestes violents faits aux enfants.

Une nouvelle loi civile a été promulguée durant l’été, mais il n’y a aucune sanction derrière, le petit livret de la CAF déconseille ce type d’attitudes. On avance, tout doucement… Sûrement ? Peut-être. Lorsque je parle avec d’autres adultes, parents autour de moi, plusieurs me disent que la fessée ça se « mérite », que ça n’a jamais tué personne, que je suis extrême à oser poser le mot de maltraitance sur cet acte.

L’humiliation, les coups, les conséquences d’une fessée… N’est ce pas suffisant pour caractériser ce geste de maltraitance ? Ne pas être mort d’une pratique, est ce suffisant pour la justifier ? Si la fessée marchait réellement, il n’y en aurait qu’une, pas deux, pas trois… Une seule serait suffisante.

J’ai encore une question à poser à ces parents fesseurs, qui le font en ayant bonne conscience, qui souvent culpabilisent après, la maltraitance ne fait en effet pas plaisir. Pensez-vous le jour ou votre petit fera un mètre quatre-vingts et soixante-dix kilos, qu’il aura seize ans et qu’il pourra clairement se défendre être capable de lui infliger encore une fessée ? Est-ce réellement une solution ?

Le dialogue, la communication, les compromis sont les clefs de l’autorité parentale. La fessée, impose la crainte, le dialogue lui le respect et ces deux termes ne doivent pas être confondus.

Frapper un enfant, c’est lui dire, je suis grand, j’ai le droit. C’est lui apprendre à s’attaquer aux plus faibles. C’est faire preuve d’aucune crédibilité face à une violence possible de l’enfant. Comment, peut-on lui dire de ne pas frapper lorsque soit même parfois, on s’exécute.

Ces comportements vicieux sont au sein même de notre culture éducative, le maître à la baguette de bois, Jeanne au pain sec dans son cabinet noir… Comment, peut-on lui dire de ne pas frapper lorsque soit même parfois, on s’exécute.

Aujourd’hui, il faut apprendre de nos erreurs. Ne pas frapper son enfant, ne pas forcément punir ne veut pas dire, ne pas se faire écouter. Il y a bien évidemment des limites à placer, mais l’explication reste toujours supérieure.

Loin de vouloir culpabiliser les parents qui parfois ont agit, par fatigue, par stress, par nerfs… Il faut savoir se remettre en question, personne n’a une notice de comment devenir parent, et avoir la responsabilité d’un petit être est une grande violence psychique. Rempli d’amour, mais violent quand même. Il est grand temps de rallumer les étoiles. Il est grand temps de se remettre en question. Et peut-être qu’un jour, nous pourrons avoir comme étendard, une véritable bienveillance, une véritable bientraitance envers nos enfants.

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